Vous louez votre mobil-home sur un camping et vous percevez quelques milliers d’euros par an. Ces sommes ne sont pas des « extras » : elles doivent figurer sur votre déclaration de revenus. Le statut LMNP mobil home (Loueur en Meublé Non Professionnel) encadre cette activité et détermine comment vous serez imposé. Encore faut-il choisir le bon régime fiscal, surtout depuis les changements introduits par la loi Le Meur pour les revenus 2025.
Mobil-home et BIC : pourquoi vos loyers ne sont pas des revenus fonciers
Un mobil-home est livré avec lit, cuisine, salle d’eau. Il coche toutes les cases du meublé. Cette qualification change tout sur le plan fiscal.
Les loyers d’un logement vide se déclarent en revenus fonciers. Ceux d’un meublé relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). La distinction n’est pas anecdotique : les mécanismes de déduction, les abattements et les formulaires diffèrent totalement.
Concrètement, quand vous remplissez votre déclaration, vos recettes locatives de mobil-home ne vont pas dans la case « revenus fonciers ». Elles vont dans la rubrique BIC, que vous soyez au micro-BIC ou au régime réel. C’est la première chose à vérifier avant de cocher quoi que ce soit.
Loi Le Meur : les nouveaux seuils micro-BIC pour un meublé de tourisme

La loi n° 2024-1039, dite loi Le Meur, promulguée le 19 novembre 2024, modifie profondément le micro-BIC pour les meublés de tourisme. Ces règles s’appliquent aux revenus 2025, déclarés en 2026.
Vous avez remarqué que votre mobil-home n’est probablement pas classé en meublé de tourisme ? La plupart des mobil-homes en camping ne bénéficient pas d’un classement officiel. Ils tombent donc dans la catégorie « meublé non classé », la plus impactée par la réforme.
Voici ce qui change selon la catégorie de votre location :
- Meublé de tourisme classé : l’abattement forfaitaire passe de 71 % à 50 %, avec un plafond de recettes ramené à 77 700 euros par an.
- Meublé non classé (cas courant du mobil-home en camping) : l’abattement chute à 30 % et le plafond tombe à 15 000 euros de recettes annuelles.
- Au-delà de ces plafonds, vous basculez obligatoirement vers le régime réel simplifié, avec ses obligations comptables.
Un abattement de 30 % signifie que 70 % de vos recettes sont imposables. Si vous perceviez 10 000 euros de loyers, 7 000 euros s’ajoutaient à votre revenu imposable, contre 5 000 euros avec l’ancien abattement de 50 %. Le coût fiscal augmente nettement pour les propriétaires de mobil-homes non classés.
Régime réel simplifié LMNP : amortissement du mobil-home et charges déductibles
Pourquoi de nombreux propriétaires de mobil-homes choisissent le régime réel plutôt que le micro-BIC ? Parce qu’un mobil-home perd de la valeur chaque année, et cette perte de valeur (l’amortissement) est déductible fiscalement au réel.
Prenons un exemple simple. Vous achetez un mobil-home et vous le mettez en location. Au régime réel, vous pouvez déduire de vos recettes :
- L’amortissement du mobil-home, étalé sur plusieurs années, qui réduit fortement le bénéfice imposable.
- Le loyer de la parcelle versé au camping.
- Les frais d’entretien, de réparation et d’assurance.
- Les honoraires d’un expert-comptable (dont une partie ouvre droit à une réduction d’impôt via un centre de gestion agréé).
Avec ces déductions cumulées, le résultat fiscal peut être nul ou proche de zéro pendant plusieurs années. Autrement dit, vous percevez des loyers sans payer d’impôt supplémentaire dessus, tant que les charges et amortissements couvrent les recettes.
Le piège de la réintégration des amortissements à la revente
Depuis la réforme, les amortissements déduits minorent le prix d’acquisition lors du calcul de la plus-value à la revente. Traduction : si vous avez amorti votre mobil-home pendant huit ans, la plus-value imposable sera calculée sur un prix d’achat diminué de tous ces amortissements.
Pour un mobil-home, ce point est moins critique que pour un appartement. Un mobil-home se déprécie mécaniquement : sa valeur de revente est souvent inférieure à son prix d’achat. La plus-value réelle est donc rare. Ce changement pèse davantage sur les biens immobiliers classiques, mais il mérite d’être connu avant de choisir le régime réel.

Récupération de la TVA sur l’achat d’un mobil-home en LMNP
Vous pouvez récupérer la TVA payée à l’achat de votre mobil-home si vous remplissez certaines conditions. Le camping doit proposer au moins trois services para-hôteliers (accueil, ménage, linge, petit-déjeuner) et la gestion locative doit passer par un exploitant.
La TVA récupérable représente une économie significative dès la première année. Par exemple, un concurrent mentionne un remboursement de 6 667 euros de TVA pour un mobil-home acheté 40 000 euros TTC.
En contrepartie, vous facturez la TVA sur les loyers et devez conserver le bien en location pendant une durée minimale. Si vous revendez trop tôt ou cessez la location, l’administration peut vous demander de rembourser une partie de la TVA récupérée, au prorata des années restantes.
Déclaration LMNP mobil-home : les étapes concrètes
Au moment de remplir votre déclaration, la démarche dépend du régime choisi.
Au micro-BIC, vous reportez le montant brut de vos recettes locatives sur le formulaire 2042 C PRO. L’abattement est calculé automatiquement par l’administration. Pas de comptabilité à tenir, mais un livre des recettes reste obligatoire.
Au régime réel simplifié, vous devez produire une liasse fiscale (formulaire 2031 et annexes). C’est là qu’interviennent les tableaux d’amortissement, les charges déductibles et le calcul du résultat net. Un expert-comptable est quasi nécessaire pour éviter les erreurs, notamment sur la durée d’amortissement et la ventilation des composants du mobil-home.
Dans les deux cas, les prélèvements sociaux s’appliquent sur le bénéfice imposable. Leur taux a d’ailleurs été revu à la hausse pour les revenus 2025, ce qui alourdit la facture pour tous les loueurs meublés, LMNP compris.
Le choix entre micro-BIC et régime réel dépend directement du montant de vos charges réelles. Si elles dépassent l’abattement forfaitaire, le réel est plus avantageux. Avec un mobil-home récent dont l’amortissement est encore élevé, le régime réel l’emporte presque systématiquement sur le micro-BIC, surtout avec le nouvel abattement réduit à 30 %.

